Prendre la peine toute simple de séparer ce qui est compostable pour le laisser se transformer lentement en engrais pour fertiliser les nouveaux produits de la Terre. Trier le plastique recyclable, le fer des boîtes de conserve, le carton des emballages et de transport pour le placer au grand bac, où les anciens éboueurs devenus recycleurs viendront les prendre pour les transporter au centre de tri, d’où ils seront réutilisés, diminuant d’autant la quantité de matériaux nouveaux pour épargner les ressources de la nature.

            Ou tout jeter à la poubelle à mesure, selon les vieilles habitudes, ne donner qu’à ceux dont on reçoit des contributions, gaspiller l’enthousiasme de la jeunesse et lui refusant le droit à la parole, confondre le pacifiste avec le casseur.

            Protéger les marais, où l’air se purifie; les boisés où pousse la diversité garante d’un meilleur écosystème, et les rivières et les lacs aux eaux fécondes. Maintenir des services de proximité pour conserver leur vitalité aux quartiers, aux villages, aux centres-villes. Se nourrir d’abord de ce qui est produit, se prépare et se vend dans son voisinage. Planifier ses déplacements pour consommer moins d’essence. Y réfléchir à deux fois avant d’acheter ce que peut-être on n’utilisera presque pas ou pas longtemps, par exemple, ces jouets aux piles vite déchargées. Plutôt que de le jeter, porter chez un réparateur un appareil à peine défectueux pour ne pas céder aux pressions des marchands qui encouragent à la consommation irréfléchie. Économiser les ressources.

            Ou presque donner son minerai, son gaz, son pétrole, à des compagnies étrangères, qui laisseront de grands trous dans le paysage et mettront à pied leurs employés en partant avec la caisse de retraite, après avoir déclaré faillite pour ne pas être poursuivies.

            À l’automne, enfouir les bulbes des tulipes qui annonceront l’été, retourner la terre des grands champs pour y mélanger les tiges séchées, engranger le grain, le foin, les légumes drus et confiturer les fruits doux. Mettre à l’abri ce que l’hiver pourrait détruire. Donner naissance à des enfants pour les aimer, lancer des entreprises de service pour améliorer le sort des autres, participer à des associations d’entraide, les soutenir, pour s’occuper collectivement des problèmes sociaux. Adopter des mesures pouvant assurer le mieux-être des moins bien nantis. Prendre exemple sur les pays progressistes, qui offrent une éducation gratuite à tous pour mieux s’enrichir des compétences acquises par la jeunesse. Assurer la paix sociale.

            Ou ne voir à courte vue que son orgueil, ne penser à tout qu’en terme d’argent, marchander l’éducation et, pire, refuser de voir qu’exercer le pouvoir c’est précisément reconnaître sa responsabilité quand la rue est à feu et à sang.

            Pour que le Québec fleurisse, il faut voir à long terme. Nous ne sommes pas en Syrie. Charest n’a pas à se comporter en dictateur qui fonde son pouvoir sur la peur du désordre que crée son désastreux mépris.

Gleason Théberge

Commentaire paru dans « L’Écho du Nord » en mai 2012